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L’assassinat de Robert Kennedy – 3e partie – La femme en robe à pois Imprimer Email
Écrit par A Branson   
SUNDAY, 27 JULY 2008 23:37
Psychopathes, psyops et COINTELPRO
Samedi 31 mai 2008

À mesure que nous creusons plus profondément les faits concernant l’assassinat de Robert Kennedy, les choses deviennent de plus en plus curieuses comme le dirait Alice.

Il semble qu’il y ait certaines choses que les gens « savent », tout simplement. Il n’existe pas de phénomène comme les fantômes, l’astrologie et les pouvoirs psychiques ne sont que des stratagèmes utilisés pour obtenir de l’argent de la part des gens crédules. Par contre les possibilités que la Terre soit touchée par une comète au cours de notre vie sont astronomiques (pardonnez le jeu de mots) et chacun dans son « moi » profond est fondamentalement le même : essayant d’être bon à sa manière.

Ce qui est étrange à propos de cette sorte de « savoir » est que personne ne peut vous dire comment il le sait. Demandez à quelqu'un comment il sait que deux plus deux égalent quatre et il aura au moins un vague souvenir de ses premières années d’école. Mais demandez-lui comment il sait à propos des fantômes, de l’astrologie, du psychisme, des comètes et la psychologie du reste de l’humanité et vous obtiendrez probablement une réponse qui ressemble à la formule « Chacun sait cela. » Mais la question me gêne. Quand « chacun » a-t-il appris ces choses et pourquoi ne peut-il se souvenir les avoir apprises ?

Ici, nous trouvons un indice de la manière dont les gens peuvent être forcés à prendre part à un complot dont ils ne connaissent rien. Ce sont les croyances qu’ils ont, déguisées comme un savoir ou une « sagesse commune » (des croyances qui seront paradoxalement défendues plus férocement que 2+2=4) qui sont adroitement manipulées par les managers de la perception.

Au cours de nos vies, il arrive rarement quelque chose qui déclenchera une peur des fantômes, à part le film d’épouvante occasionnel, facilement écarté comme le produit de l’imagination du scénariste. Nous vivons nos vies béatement inconscients de cette partie de nous-mêmes, encore très vivante dans nos esprits, mais normalement tranquille, qui croit vraiment aux fantômes et sait qu’il y a des preuves convaincantes de la réalité de l’esprit.

Si nous devions nous trouver seuls dans une maison froide et grinçante au cours d’une nuit sombre et venteuse, nous serions forcés de faire face à cette partie de nous-même. Malgré ce que nous prétendrions croire au cinéma ou en plein soleil, nos peurs des choses invisibles commenceraient à nous grimper furtivement dans le dos ou dans le cou et pousseraient nos cheveux à se dresser sur la tête. Nous nous retrouverions involontairement à regarder derrière nous, pour être sûr qu’il n’y a rien.

Et quand nous trouvons la preuve que nos peurs étaient injustifiées et puériles – le volet qui claque ou le trou dans la fenêtre par où le vent siffle—nous rions de notre crédulité et ressentons un état palpable de soulagement comme quoi le bon sens est revenu dans le monde. Et même si quelque chose d’inexplicable se passe réellement, nous nous dépêchons de l’expliquer même au prix de nous mentir à nous-même.

Nous cherchons spécifiquement la preuve que nos peurs sont infondées parce que la clé de nos croyances, cette« sagesse commune » sans une leçon dont on se rappelle, est un désir pour un monde qui est entièrement connaissable, sous contrôle et au final sûr pour nous. Nous voulons croire que nos peurs les plus affreuses ne sont que le produit de notre imagination hyperactive. Et quand ces peurs sont déclenchées, toute explication « rationnelle » qui ramène le bon sens au monde est accueillie à bras ouverts.

Même beaucoup de chercheurs de la vérité les plus ardents ont des peurs et des croyances profondément enfouies sous des pierres qui ne doivent jamais être retournées. C’est une croyance puérile—pas la croyance aux fantômes, mais la croyance que l’ignorance, déguisée comme la sagesse commune, procure la sécurité. Ainsi, nous voyons même des critiques impétueusement franches du gouvernement étasunien étiqueter comme théoriciens du complot du plus bas niveau ceux qui oseraient prétendre que, par exemple, le 11/9 était le résultat de tout ce qu'on peut prétendre sauf d'actes émanant de pirates de l’air arabes.

C’est ainsi avec les événements comme le 11/9 ou l’assassinat de JFK, MLK et RFK. Pendant un moment, nos plus profondes peurs semblent réalisées. Nous cherchons follement quelque chose, n’importe quoi, qui ramènera le bon sens dans le monde. Nous cherchons désespérément le volet qui claque ou la fenêtre brisée qui nous assurera qu’il n’y a rien d’invisible, rien de méconnu et, au final, rien de réellement dangereux. De cette manière, chacun de nous peut faire partie ou fait partie du complot même sans se rendre compte que le complot existe.

Et maintenant, continuons notre histoire…

La femme en robe à pois.

Sandy Serrano, une jeune employée dans la campagne électorale de Kennedy, était présente à l’Ambassador Hotel la nuit effrayante où Bobby Kennedy a été tué. Ayant besoin de faire une pause à cause de la chaleur et la foule, elle trouva un petit coin tranquille sur les marches qui étaient à l’arrière de la section des cuisines. Vers 23h30 environ, elle rencontra trois personnes, une femme et deux hommes, entrant par l’arrière des cuisines, prenant l’escalier où elle était assise. Elle a décrit la femme comme portant une robe blanche avec des pois foncés et ayant un nez « à la Bob Hope ». Les deux hommes qui l'accompagnaient furent décrits comme,

Homme blanc (d’origine latine). Taille 5’5’ (1,65 m), 21 à 23 ans, teint olivâtre, long cheveux noirs – droits, tombant sur le front et ayant besoin d’être coupés. L’autre était un homme blanc (mexicano-américain) d’environ 23 ans, taille 5’3’’(1,60 m), cheveux épais, bouclés, et portait des vêtements de couleur claire. Elle a dit, après avoir vu une photo de Sirhan Sirhan dans le journal, qu’elle était presque certaine que c’était la même personne qu’elle avait vue monter l’escalier avec cette femme. [Turner et Christian, “The Assassination of Robert F. Kennedy, The Conspiracy and Coverup”]

Quelque temps plus tard, quelques secondes après que Serrano ait entendu ce qu’elle a décrit comme des « ratés d’automobile », la femme et un de ses compagnons masculins descendirent en courant les escaliers. Selon Serrano, la femme hurlait, « Nous l’avons descendu, nous l’avons descendu » . Quand elle demanda qui ils avaient descendu, elle répliqua, « le sénateur Kennedy. »

Serrano ne fut pas la seule à décrire la femme en robe à pois et l’associer à Sirhan et/ou l’assassinat. Parmi eux se trouvait l’employée de la campagne électorale de Kennedy, Darnell Johnson et le fils du maître d’hôtel de l’Ambassador, Thomas Vincent DiPierro. DiPierro a dit que la seule raison pour laquelle il avait remarqué Sirhan était qu’il se trouvait près d' une très jolie fille .. Selon DiPierro,

« Je n’oublierai jamais à quoi elle ressemblait parce qu’elle avait un très joli visage – et la robe était assez moche… une robe blanche avec des pois noirs ou violet foncé . »

Quelques minutes après la fusillade, et bien avant que les histoires avec la femme à la robe blanche ne soient rendues publiques ou aient pu avoir été partagées, le sergent Paul Sharaga du LAPD entendit les nouvelles de la fusillade sur sa radio. Déjà à proximité, il arriva sur les lieux en moins d’une minute. Un couple âgé s’approcha de Sharaga et il lui révélèrent ce qui suit:

Ils étaient à l’extérieur d’une des portes de la salle Embassy quand un jeune couple d’une vingtaine d’années sortit rapidement. Ce couple semblait être dans un état d’allégresse, criant, « Nous l’avons descendu, nous l’avons descendu. » La dame âgée déclara avoir interrogé celle qui criait « Qui avez-vous descendu ? » et la jeune femme répliqua, « Kennedy, nous l’avons descendu, nous l’avons tué. »

La seule caractéristique précise de la jeune femme que les témoins purent donner était qu’elle portait une robe blanche avec des pois. Sharaga lança immédiatement un appel général pour que la police recherche une femme en robe à pois en compagnie d’un homme.

Et puis, quelque chose de très étrange se produisit, qui n’était jamais arrivé avant ou depuis dans l’histoire du LAPD. Pendant 15 à 20 minutes, toutes les communications radio de la police furent perdues sur toutes les fréquences. Cela donna un temps amplement suffisant à la femme en robe à pois et à son compagnon de quitter les rues et être hors d’atteinte de la police.

Le couple âgé que Sharaga avait interviewé se perdit dans la foule et ne s’est jamais présenté. Serrano, étant le seul témoin de la femme en robe à pois prétendant, « Nous avons descendu Kennedy » fut amenée à la notoire Rampart Division du LAPD pour un interrogatoire étendu. Je vous encourage à suivre le lien sur la Rampart Division. L’histoire de la corruption en cours au LAPD et à la Rampart Division est très instructive. L’assassinat de Bobby Kennedy n’est pas le seul où la Rampart Division ait prit part.

Dans ce cas, cependant, le témoin ne fut pas tant interrogé qu’intimidé et torturé verbalement pour le faire renoncer à son témoignage. « L’interrogatoire » fut réalisé par le sergent Enrique « Hank » Hernandez qui, selon son résumé, joua un rôle clé dans l’entraînement de l’ « United Police Command » pour la CIA en Amérique Latine. Comme l’interrogatoire le prouve de façon évidente, Hernandez n’avait qu’un but en tête – discréditer Sandy Serrano et tout que qui avait à voir avec l’histoire de la femme en robe blanche à pois.

Vous trouverez plus loin, pour votre plaisir d’auditeur, deux extraits de la session enregistrée qui, étonnamment, ont survécu après que le LAPD ait essayé de détruite toute preuve qui mettrait en cause l’histoire officielle de l’assassinat de Robert Kennedy. Gardez-le à l’esprit tandis que vous écoutez le sergent Hernandez en train d’interroger prétendument un témoin matériel qui n’a rien à gagner à mentir.

Serrano et Hernandez 1ère partie

Serrano et Hernandez 2e partie

Un fil de la toile

Hernandez a joué un rôle clé dans la commission spéciale du LAPD créée pour enquêter sur l’assassinat de Kennedy, appelé Special Unit Senator, ou SUS. SUS était dirigée par le lieutenant Manuel Pena du LAPD.

De manière intéressante, Pena avait quitté officiellement le LAPD en novembre 1967, moins d’un an avant l’assassinat de Kennedy, pour prendre un poste dans l’Agency for International Development Office[1] du département d’État, ou AID ; AID, une agence connue de couverture de la CIA pour ses opérations anti-insurrection et tortures en Amérique du Sud. AID est probablement mieux connue pour un de ses agents les plus tristement célèbre, un homme avec qui Pena avait apparemment travaillé, Dan Mitrione. De 1960 à 1967, Mitrione travailla avec le gouvernement brésilien sous la couverture d’AID, torturant puis tuant sans procès des dissidents politiques.

Bien que l’adieu de Pena fût un événement réunissant beaucoup de participants et bien médiatisé, quelque temps après avril 1968 il retourna au LAPD tranquillement, sans fanfare. Son explication était que le travail avec AID n’avait pas donné ce qu’il en espérait. En moins de deux mois, il se trouva en charge de l’enquête de meurtre la plus importante jamais conduite par le LAPD, l’homme qui aurait le dernier mot sur virtuellement tout ce qui arriverait au cours de l’enquête.

Et ici, nous avons un fil intéressant à examiner. Deux des plus importants enquêteurs de l’affaire, Hernandez et Pena, sont deux ex (ou peut-être actifs à ce moment là) employés de la CIA, tous les deux impliqués dans des opérations de la CIA en Amérique du Sud. Pena, l’homme dirigeant toute l’enquête, venait juste de revenir de son service dans AID, une organisation de façade de la CIA qui était spécialisée dans l’écrasement des dissidents politiques et travaillait probablement avec Dan Mitrione.

En 1970, Mitrione fut kidnappé par les Tupamaros, une organisation de guérilla gauchiste combattant contre la dictature sponsorisée par les États-Unis en Uruguay. Bien que son nom fut changé, cet événement fut la base du film « État de Siège ». Les funérailles de Mitrione, tout comme la retraite de Pena du LAPD, réunissant nombre de participants et fût bien médiatisée. À la suite de ses funérailles, un gala de bienfaisance eut lieu dans sa ville de Richmond en Indiana, avec en vedette rien d’autre que Frank Sinatra et Jerry Lewis (allez comprendre !)

Sinatra, comme vous vous en rappelez, était une des stars du film de John Frankenheimer « The Manchurian Candidate »[2] (Le candidat mandchou). Il s'agit d'un récit de fiction, joué par Lawrence Harvey, qui est programmé par hypnose pour exécuter des assassinats sans avoir conscience de le faire. Suite à l’assassinat de Kennedy, Sinatra acheta les droits du « Manchurian Candidate » et l’enleva de la circulation jusqu’en 1987.

Le 3 juin, Bobby Kennedy dîna avec son ami John Frankenheimer (qui, par coïncidence, l’emmena en voiture à l’Ambassador Hotel la nuit fatidique) avec une jolie actrice appelée Sharon Tate et son mari, Roman Polanski.

Maintenant, soyez tolérant avec moi en m'accompagnant au sein d'une sorte de gouffre... En essayant de voir la toile, nous rencontrons d’étranges coïncidences qui peuvent sembler en surface ténues, improbables ou même carrément risibles. C’est la nature de la bête. Si vous voulez savoir ce qui se passe réellement, ces choses doivent au moins être mises sur la table, même si elles seront écartées plus tard. Souvenez-vous cependant que les toiles sont des choses ténues faites avec des fils très délicats. Souvent, les données les plus évidentes et les plus facilement acceptées se révèlent n'être rien de plus qu'un élément piégé au sein de la toile – un artefact, plutôt que la toile elle-même. Cela dit, allons-y.

En août 1969, Sharon Tate fut assassinée par des membres de la famille Manson, qui avait des liens forts avec la communauté des musiciens de Laurel Canyon. Curieusement, l’année où Kennedy a été abattu, Sharon Tate était en train de préparer un film intitulé « The Wrecking Crew »[3], avec Dean Martin en co-vedette. Ce même nom fut pris par un groupe de musiciens du studio de Los Angeles associés à Phil Spector, qui étaient aussi liés de près à la communauté des musiciens de Laurel Canyon. Et Dean Martin, sa co-star dans le film, était bien sûr un collaborateur de longue date de Jerry Lewis, qui partagea la présentation avec Frank Sinatra au gala de bienfaisance pour Dan Mitrione à la suite de ses funérailles. Au cours du tournage de ce film, Tate sera entraînée pour faire ses propres cascades par l’expert en arts martiaux Bruce Lee, avec qui elle deviendra une amie très proche et qui mourra plus tard dans de mystérieuses circonstances.

Tate, cela devrait être noté par ceux qui ne se souviennent pas d’elle, était une star du cinéma qui connut une ascension fulgurante. Elle était belle et talentueuse. Comme le déclara le Hollywood Reporter concernant son rôle dans « The Wrecking Crew », « Sharon Tate révèle une affinité plaisante pour la comédie légère , tout en étant capable d'incarner cette image tout en la distançant radicalement comme par exemple dans « La Vallée des Poupées ».

Tate, notons-le également, avait montré un intérêt zélé dans la campagne de Bobby Kennedy. Elle assistait fréquemment à ses dîners de campagne . C’est drôle ( au second degré, non de manière humoristique) de constater comment ceux qui sont des figures publiques qui prennent une position politique en faveur des droits de l’homme, de la dignité humaine, et qui s'engagent dans de justes causes sont retrouvés dans une mare de leur propre sang...

Comme pour Dan Mitrione, qui n’était pas le seul ancien résident célèbre de Richmond en Indiana. Pour une ville assez petite (le recensement de 2000 montre une population de seulement 39 124 personnes) elle a plus que son compte normal de célébrités. Richmond peut s’enorgueillir d’avoir au moins quatre joueurs NFL[4], dont un a été rookie of the year[5], un entraîneur NFL, deux entraîneurs NBA[6], une médaillée d’or olympique, Margaret Landon (l’auteur de « Le Roi et Moi »), Orville et Wilbur Wright, la chanteuse de R&B légendaire et à la pointe du succès Baby Huey et l’actrice Polly Bergen avec Mitrione et un prédicateur des rues dont Mitrione se fit un ami pendant qu’il était chef de la police à Richmond, un homme du nom de Jim Jones.

Mais c’est une autre histoire pour une autre fois.

À suivre…

[1] Bureau de l’agence pour le développement international - NdT

[2] http://www.imdb.com/title/tt0056218 - NdT

[3] http://uk.imdb.com/title/tt0065225/

[4] National Football League - NdT

[5] Meilleur novice de l’année - NdT

[6] National Basketball Association - NdT

 

Traduction française: Henri R.

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Mis à jour de ( THURSDAY, 31 JULY 2008 17:20 )
 
 

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