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A LA UNE

 5 janvier 2009  15:50

Israël a tiré les leçons de son échec à convaincre l’opinion publique durant la guerre du Liban en 2006. Chris McGreal, pour The Observer, raconte le soin qui a été apporté cette fois-ci à construire un argumentaire acceptable, dès lors que l’attaque avait été décidée, voilà plusieurs mois. Israël se présente donc comme le défenseur du camp occidental face au terrorisme, à l’axe du mal rassemblant les extrémismes islamistes. De fait, Israël veut surtout éviter toute référence à l’occupation et au blocus que Gaza a subi depuis le premier jour du retrait israélien, avant même que le Hamas ne se saisisse des rênes du pouvoir. « Nous ne nous attendions pas à ce que nous ayons à mendier l’autorisation de faire entrer de la nourriture », se rappelle Diana Buttu, avocate conseil de l’OLP.   Lire.... »
 

 4 janvier 2009  15:56

« Comme beaucoup d’autres, je pense que le jour viendra bientôt où nous vivrons en paix avec nos voisins. Alors, pour la première fois dans notre histoire, la grande majorité du peuple juif vivra sans que son existence ne soit immédiatement menacée. Nous aurons un Israël connaissant la paix, une diaspora au sort assuré, vivant tous deux en démocratie. La question, alors, pour notre génération sera : le peuple juif peut-il survivre sans un ennemi extérieur ? » Entretien avec Abraham Burg, ancien président de la Knesset.   Lire.... »
BREVES
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ACTUALITE
Comment rétablir la paix ? par le Rabbin Michael Lerner (VO)
« La condition essentielle pour recréer la paix est d’aider chaque camp à se sentir en sécurité. Le premier pas crucial consiste à s’exprimer d’une façon qui manifeste de l’empathie pour la souffrance des deux peuples dans un climat de dialogue où les narrations de chaque camp sont entendues et comprises. »
2009, la nécessaire « rupture », par Corinne Lepage
« Ce changement de cap n’est possible que pour autant que nous vous revenions aux valeurs fondamentales du pacte social et du pacte républicain, en y ajoutant le souci constant d’oeuvrer à la survie de l’humanité, laquelle est réellement mise en péril par les crises écologique et climatique. Nous ne pouvons y parvenir que pour autant que nous sommes convaincus que plus de consommation de biens non durables n’est pas la fin de toute chose, que l’argent n’est pas la mesure de tout et que le but de la vie n’est pas d’avoir plus , mais de vivre mieux. »
Pour justifier la guerre, Israël préfère oublier le succès de la trêve, par Paul Woodward
De juin à novembre 2008, la trêve a été appliquée avec succès par le Hamas. C’est uniquement lorsque Israël a rompu cette trêve le 5 novembre en lançant un raid qui a tué six membres du Hamas, que celui-ci a cessé d’appliquer l’accord conclu en juin. Aujourd’hui, la réalité de cette trêve, qui aurait normalement du conduire Israël à lever le blocus économique de Gaza, est dérangeante. A tel point que le site des Affaires Etrangères israélien a modifié un graphique représentant les tirs de roquettes afin de minimiser l’importance de ces quatre mois ou la paix commençait à s’installer. Et que le site web des forces armées israéliennes omet de mentionner cette période.
Gaza : la vie quotidienne sous les bombes décrite par l’ONU
Quelle est la situation au quotidien de la population de Gaza prise au piège dans une zone de guerre ? Le 2 janvier, l’ONU publiait les statistiques suivantes : les bombardement ont visé plus de 600 cibles. Des milliers d’habitations sont endommagées. La population vit dans la peur et la panique. 80% des gazaouis dépendent de l’aide humanitaire et les pénuries alimentaires s’aggravent en raison du blocus. La farine, le blé, le riz manquent. Moins de 20 boulangeries fonctionnent encore à Gaza, faute de farine ou de gaz. L’eau courante est disponible une fois par semaine. 250 000 personnes sont totalement privées d’électricité, et pour les autres les coupures durent 16 heures par jour. Le gaz et l’essence manquent. L’ONU ne dispose plus de la trésorerie nécessaire au règlement de ses contractants ou au soutien des familles en grande difficulté. Nous avons reproduit ci-dessous le rapport de l’OCHA.
Israël a manqué un rendez-vous avec l’histoire, par Uri Avnery
« Cette guerre l’écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, il pourra être confronté à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas multiplié par mille. » Avnery retrace la séquence qui a conduit à la guerre de Gaza. Ayant tablé sur la faiblesse d’Abbas, se contentant d’un simulacre de négociation, Israël n’a pas compris que le Hamas l’emporterait contre une Autorité Palestinienne discréditée. Après l’échec du blocus à briser la résistance des gazaouis et à les retourner contre le nouveau pouvoir installé à Gaza, Israël espère aujourd’hui pouvoir liquider le Hamas par le fer et le feu, avec la complicité de l’Egypte qui verrouille la seule issue de cette zone de combat où la population civile est piégée, en une réédition de la stratégie de bombardements massifs utilisée sans succès au Liban. Mais au delà de Gaza, c’est toute une génération Arabe, révoltée par la passivité et la corruption de ses dirigeants qui pourrait se tourner bientôt vers l’Islam politique, apparaissant comme la seule force indemne de compromission.
Pakistan : Les Talibans interdisent aux filles d’aller à l’école à Swat
Les talibans ont interdit aux jeunes filles de se rendre à l’école dans leur bastion de la vallée de la Swat, située dans les zones tribales du Pakistan. A compter du 15 janvier, ils menacent de bombarder les établissements scolaires ou de s’en prendre aux « contrevants. »
Tribune : Crimes et embrassades, par Olivier Bonnet
Tzipi Livni, chaleureusement accueillie par les bises de Bernard Kouchner lors de sa visite à Paris, affirme que « Israël se trouve en première ligne du monde libre et est attaqué car nous représentons les valeurs du monde libre. » Elle estime que « la situation humanitaire à Gaza [est] exactement comme elle doit être. » Olivier Bonnet s’insurge contre le cynisme de ces déclarations et rappelle que le Rapporteur Spécial sur la situation des Droits de l’Homme dans les territoires palestiniens qualifiait il y a peu de « punition collective équivalent à un crime contre l’humanité, » le blocus israélien de Gaza.
Tribune : Massacres sans fin, par B. Michael
« Seuls la haine, le deuil, la douleur et le désir de vengeance sortiront de cette opération, de part et d’autre. Peut-être que quelqu’un gagnera quelques sièges à la Knesset aussi. Oui vraiment, tout cela est accablant et si lugubre. » B. Michael tient une chronique dans le quotidien israélien Yediot Aharonot.
« Bombardement ciblé » : B’TSelem remet en cause la version de l’armée israélienne
Parmi les vidéos diffusées par l’armée israélienne figure un enregistrement présenté comme un tir visant des miliciens transportant des roquettes Grad. L’ONG israélienne B’Tselem a recueilli des témoignages et des photos remettant en cause la version de l’armée. Selon ces éléments, les 8 victimes transportaient des bonbonnes de gaz que leur propriétaire voulait mettre à l’abri des vols, et non pas des roquettes.
Les vraies raisons de la guerre ne sont pas celles données par Israël, par Johann Hari
Les raisons avancées par Israël pour justifier le bombardement de Gaza font l’impasse sur la réalité fondamentale de ce conflit. Israël ne désire pas la paix mais la défaite complète des Palestiniens et de leur revendication légitime du retour aux frontières de 1967. Clamant vouloir protéger les civils, Israël a pourtant soumis la population de Gaza à un blocus inhumain - punition collective pour cause de vote politiquement incorrect - cyniquement qualifiée de « mise au régime » par un conseiller de Sharon, et provoque aujourd’hui des centaines de victimes dans une population prise au piège. Comment ne pas voir, pourtant, que cet aveuglement qu’autorise la supériorité militaire et la complicité de l’occident ne conduira jamais à une paix durable, c’est à dire équitable, seule garante de la sécurité d’Israël ? Chaque jour qui passe, de nouveaux combattants Palestiniens se léveront, emplis du désir de revanche, prêts à tout pour faire reconnaitre un droit reconnu par l’ONU voilà 40 ans, mais qui reste en souffrance depuis lors. Et dans les circonstances actuelles, comment ne pas le comprendre ?
Radar 19 décembre 2008 : les limites de la politique monétaire
Mise à jour : 2008-12-25 19:43:50

Comment faire boire un animal qui n’a pas soif ? Voilà tout le problème de la Fed.

En temps normal, l’animal économique est plutôt demandeur. Les entreprises et les foyers sont à la recherche d’argent et désirent s’endetter pour s’équiper ou consommer. Cette anticipation perpétuelle de revenus futurs qui tire l’économie derrière elle est alimentée par les crédits du système bancaire.

Depuis août 2007, cette machine s’est enrayée. En deux temps. C’est d’abord le système bancaire qui a cessé peu à peu de remplir son office, à partir du moment où la prise de conscience de l’ampleur des pertes à venir sur les produits immobiliers a jeté le doute sur la solvabilité des établissements. Le marché des prêts interbancaire s’est alors asséché petit à petit, entraînant à sa suite plusieurs segments du crédit, à commencer bien sûr par l’immobilier mais aussi entre autres celui du papier commercial, où se financent les entreprises. Les banques centrales ont alors mis un certain temps à prendre la mesure du problème, traitant comme une simple crise de liquidité ce qui était de toute évidence une crise de solvabilité, avec en Europe la circonstance aggravante d’une obsession myope sur l’objectif de la lutte contre l’inflation. D’août 2007 à septembre 2008, les établissements centraux ont donc littéralement inondé le système de liquidités et diminué le coût de l’argent. Ce qui n’a pourtant pas empêché Bear Stearns de tomber en mars. Car entre temps, le système dans son entier était entré dans un processus de deleveraging, c’est-à-dire de désendettement, destiné à se procurer des fonds, restaurer les ratios prudentiels de capitalisation et tenter de se dégager des investissements douteux. Cette volonté de se désendetter s’est traduite par une vente massive d’actifs sur un marché sans acheteurs, entraînant les prix à la baisse et augmentant encore les pertes. La banque Lehman et l’assureur AIG ont fini à leur tour par y succomber. Ces faillites de grands noms de la place ont marqué un tournant dans la crise. L’hypothèse de la crise de liquidité volait en éclat et la prise de conscience de la fragilité du système sur le point de s’effondrer sous le coup de pertes répétées - atteignant alors les 500 milliards - a conduit en urgence les autorités à garantir les dépôts et à recapitaliser les banques.

Durant la première période, les banques ne prêtaient pas pour deux raisons : 1) leur capital partait en fumée au fur et à mesure que les pertes étaient constatées ; 2) elles doutaient de la fiabilité de leurs consoeurs. Aujourd’hui, le problème a changé de nature. L’économie mondiale, de plus en plus privée de son moteur du crédit, est entrée en récession. Les banques sont toujours aussi réticentes à prêter mais les motifs ont changé : 1) la demande de crédits nouveaux s’est tarie. Les ménages US ont amorcé un désendettement, pour la première fois depuis des décennies. 2) la solvabilité des emprunteurs est compromise par la crise économique. 3) L’engagement de l’Etat n’apporte pas une garantie absolue en cas de liquidation d’une partie des instruments de la dette, et l’incertitude inhérente aux CDS persiste.

Le casse tête auquel font face les banquiers centraux est donc celui-ci : comment injecter de l’argent dans l’économie pour tenter de la relancer, de contrebalancer la diminution de la masse monétaire en circulation induite par la raréfaction du crédit et le dégonflement de la mauvaise dette, lorsque le système bancaire ne remplit plus sa fonction, lorsque la courroie de transmission ne répond plus aux baisses massives et répétées des taux directeurs ?

Bernanke avait depuis longtemps théorisé la réponse en affirmant qu’il fallait alors pratiquer une politique d’ « assouplissement quantitatif ». De quoi s’agit-il ? Les banquiers centraux interviennent en temps normal sur le taux de l’argent à court terme, celui qui circule au jour le jour sur le marché interbancaire. Lorsque ce taux atteint le zéro pourcent, ce levier d’action, arrivé en bout de course, a perdu tout effet. Mais les taux utilisés pour les crédits ont également une autre référence. Celle des taux longs, pratiqués sur des durées supérieures à un an, et qui s’alignent en temps normal sur le rendement des bons du Trésor. Il reste donc théoriquement une possibilité : faire baisser le loyer de l’argent en pesant à la baisse sur le rendement des bons du Trésor et des emprunts à moyen terme. Comment procéder ? En achetant massivement ces bons, leur cours doit monter et le taux, qui évolue à l’inverse de celui-ci, devrait baisser. Cette politique peut également être appliquée en se portant acquéreur de titres émis par le secteur privé ou les agences de l’Etat. D’où vient l’argent ? Il est créé pour l’occasion. Il faut se souvenir que les banques centrales détiennent le privilège de l’émission monétaire et peuvent créer de l’argent par une simple inscription dans leurs livres de compte.

Outre le fait de vouloir peser sur les taux longs, cette politique d’assouplissement quantitatif a également deux objectifs. Elle accroît la masse monétaire, la quantité d’argent en circulation, ce qui en théorie devrait permettre de combattre la tendance déflationniste à l’œuvre. D’autre part, l’achat de titres émis par le privé vise à injecter l’argent créé directement dans l’économie, en court-circuitant un secteur bancaire défaillant qui à l’heure actuelle thésaurise les fonds qui lui sont alloués sans les redistribuer sous forme de crédit.

La banque centrale peut elle légitimement agir ainsi ? Vaste question. Les statuts de la Fed, à la différence de ceux de la BCE, lui assignent pour mission de soutenir l’économie, et Bernanke les interprète de façon pour le moins extensive. Mais cet activisme, qui se traduit par la multiplication des objectifs affichés et des dispositifs d’interventions nouvellement créés - et a provoqué l’apparition de dissensions au sein de la Fed - révèle le désarroi qui règne à Washington, où le pilotage à vue semble la règle. La politique de Bernanke est jugée dangereuse en raison du risque inflationniste et de décrochage du dollar qu’elle induit, mais à vrai dire personne n’en propose une autre.

Voilà résumée à grands traits la situation dans laquelle nous sommes. Le choc psychologique que provoque l’annonce du nouveau taux directeur situé dans une fourchette entre 0 et 0,25% est bien sûr important. Le souvenir du Japon et de sa « décennie perdue » de déflation et d’atonie économique est dans toutes les mémoires.

Mais la Fed n’a fait qu’entériner une situation de fait. Ses taux réels avoisinaient le zéro depuis quelques semaines,

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et elle a déjà commencé à acquérir massivement des titres, tout en étendant leur prise en pension en gage des prêts accordés, ce qui s’est traduit par un doublement de la taille de son portefeuille d’actifs depuis le mois de septembre.

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Les limites de l’exercice sont évidentes. Car si l’argent en circulation est bien le lubrifiant de l’activité économique, si en temps normal le crédit est bien le levier qui projette en permanence cette activité vers le futur, son pouvoir dépend entièrement de la confiance que l’on place dans les lendemains. Si l’accroissement de l’offre de monnaie baisse effectivement son prix, c’est-à-dire son taux, l’usage qui en est fait n’est pas pour autant utile. Les banques empruntent à 0,25%, mais l’argent obtenu est utilisé pour acheter des bons du Trésor à long terme dont le rendement est de 2 ou 3% et empocher la différence - pas pour relancer l’économie.

Aujourd’hui, le sentiment du risque face à la contraction prévue de l’activité et au dégonflement de la bulle du crédit l’emporte sur les « esprits animaux » auxquels Keynes attribuait la volonté d’aller de l’avant et de parier sur l’avenir. Classiquement, on considère que l’intervention de l’Etat peut se manifester sous la forme d’une politique monétaire ou budgétaire. On peut se représenter la politique monétaire, c’est-à-dire la fixation des taux, comme une longe qui tient l’animal économique en laisse. Courte (argent cher), on bride ses mouvements. Longue (taux bas), on le laisse folâtrer, se nourrir à sa guise au risque de l’indigestion. En filant la métaphore, la politique budgétaire serait, elle, la pitance qu’on lui accorde lorsqu’il ne trouve plus lui-même la force de s’alimenter.

Or l’animal est fort mal en point. Avec un taux zéro, la laisse est d’une longueur virtuellement infinie, et pourtant il ne manifeste aucune envie de s’agiter et dépérit. De toute évidence il faut nourrir la bête, et en urgence.

Cet automne 2008 est celui des occasions perdues. La vacance du pouvoir politique à Washington - mais aussi la difficulté pour des élites persuadées de l’infaillibilité de leur modèle économique de faire le saut conceptuel requis - fait perdre un temps considérable. Le pouvoir politique tardant pour cause d’interrègne à mettre en œuvre les mesures budgétaires indispensables à la relance, la Fed en est réduite à tenter, par tous les expédients, de repousser les limites de la capacité qu’a la politique monétaire à influencer l’économie.

Les tâches qui attendent la nouvelle administration ne sont pas minces : relancer l’activité et nettoyer le système bancaire de ses créances douteuses, relancer le crédit, et last not least, financer ces travaux d’Hercule.

Peut-on créer de la demande en injectant de la monnaie ? La réponse est évidemment oui. Mais le résultat obtenu dépend du lieu d’injection. Si l’argent est transmis via l’offre du système financier, il est aujourd’hui thésaurisé par peur du risque. Seul l’Etat peut doter les ménages de ressources supplémentaires et éviter la faillite des entreprises, par le biais des transferts sociaux et par l’activité qu’il génère en lançant des travaux d’infrastructure, d’équipement et en maintenant ou accroissant ses dépenses de fonctionnement.

Cette relance budgétaire devrait donc permettre, sinon de suppléer entièrement à la baisse de l’activité économique, tout au moins de limiter l’ampleur de la récession et des dégâts qu’elle va provoquer. Elle ne constitue pas pour autant une panacée. L’économie s’est effondrée en raison de l’excès de crédit. Une relance à l’identique, tentant de restaurer le rôle « magique » du crédit, serait aussi peu judicieuse que la politique de Greenspan qui a donné naissance à une nouvelle bulle immobilière en voulant limiter le contrecoup de l’éclatement de la bulle internet. C’est la structure même de l’économie américaine qui doit être rebalancée. En l’état, une relance de la consommation aurait aussi pour effet d’alimenter le déficit extérieur, c’est-à-dire d’accroître encore l’appel à l’étranger pour financer la dette. Cette spirale des déficits n’est pas soutenable, aujourd’hui encore moins qu’hier, et la Chine vient de le rappeler, sous la forme d’une sévère et bien peu diplomatique mise en garde.

Quant à l’assainissement du système bancaire, préalable à la restauration d’un appareil de crédit fiable, nous sommes loin du compte. De fait les interventions massives de la banque centrale ont sur ce plan l’effet inverse de celui attendu. En jouant le rôle non plus du prêteur de dernier mais de premier recours, elle permet aux banques de trouver sans limite des fonds à l’extérieur du système bancaire, et retarde d’autant une reprise normale de la circulation des flux entre les établissements. Ces interventions, en permettant par ailleurs aux banques de pratiquer une politique de dissimulation comptable de pertes éventuelles, retardent également l’apurement des livres de compte.

Ce sont des milliers de milliards de dollars de titres et d’instruments financiers qui ont été émis ces dernières années, pour certains adossés ou dérivés sur l’immobilier, pour d’autres tablant sur une expansion infinie du crédit et une sous évaluation du risque. La politique de vérité, qui consisterait à laisser faillir les établissements non viables, étant impraticable pour cause de risque systémique, tout comme le seraient d’éventuels moratoires ou tentatives de « déconstruction » des titres, qui se traduiraient par une explosion de contentieux judiciaires, il faudra donc plusieurs années pour que ce mauvais papier disparaisse peu à peu, au fur et à mesure du dégonflement des bulles immobilières et du crédit, et que tous les cadavres sortent des placards.

D’ici là, le risque de voir apparaître un trou gigantesque dans les comptes d’un établissement de premier rang n’est pas écarté, et les Etats qui se sont engagés à couvrir les pertes ne sont pas à l’abri d’une mauvaise surprise. Si l’on en croit la Banque Centrale du Canada,

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les établissements européens font jouer un effet de levier plus important - et sont donc potentiellement plus fragiles - que les banques d’affaires américaines, qui ont pourtant été les premières victimes de la crise. L’hypothèse d’un Reykjavik sur Tamise est donc toujours d’actualité.

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Contre Info

Radar 12 décembre 2008 : Effondrement du commerce de détail aux USA
Mise à jour : 2008-12-13 00:02:44

Effondrement des ventes du commerce de détail en novembre

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Le Census Bureau, l’institut statistique américain, vient de publier les premiers chiffres sur l’activité du commerce de détail et alimentaire au mois de novembre, non encore corrigés de l’inflation.

Le chiffre d’affaire du secteur a été de 355 milliards, en recul de 1,8% par rapport à octobre, et de 7,4% par rapport à novembre 2007.

Les ventes de septembre à novembre ont baissé de 4,5% par rapport à l’an dernier.

La baisse entre septembre et octobre a été de 2,9%.

Hors alimentation, la baisse est encore plus marquée : -8,5% par rapport à novembre 2007.

L’Equateur fait défaut sur sa dette

Le président Raphael Correa a annoncé que le gouvernement n’effectuera pas le réglement d’un coupon de 31 millions de dollars du sur un bon émis par le gouvernement précédent, arguant que cet emprunt était illégal.

L’ensemble des obligations de l’Etat equatorien, d’un montant total de 3,8 milliards de dollars, sont considérées en défaut.

Voir aussi : scénarios possibles après le défaut

Rendement négatif sur le bon du Trésor US à 3 mois

Aujourd’hui, un investisseur achetant mille bons du Trésor US d’une durée de 3 mois au prix unitaire du marché de 100.002556, c’est à dire avec un rendement négatif de 0,01%, ne retrouvera à échéance que la valeur nominale, subissant au passage une perte de 2,556 dollars.

Rendement du T-Bill 3 mois

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Source

Le gouvernement US gagne de l’argent (un peu) en empruntant.

Le rendement d’un bon du Trésor est l’inverse de son prix. Un rendement négatif est possible dès lors que les acheteurs acceptent lors des enchères de payer le papier plus cher que la valeur faciale qui leur sera remboursée à échéance, afin d’être assurés d’obtenir les bons qu’ils souhaitent acquérir.

Cette situation aberrante est attribuée à la recherche frénétique de la sécurité par les investisseurs, mais aussi aux prépratifs des banques en vue de la publication de leurs comptes de fin d’année : un portefeuille garni de bons du Trésor fait traditionnellement un bel effet.

De nombreux observateurs, comme Bill Gross, qualifient de « bulle » la situation actuelle, et estiment que les cours devraient chuter en 2009. De fait, les bons du trésor à court terme et la monnaie étant devenus interchangeables, les raisons d’en acquérir s’amenuisent. D’autre part les investisseurs étrangers peuvent redouter une baisse de la devise américaine et se détourner également de ces bons. Brad Setser note aujourd’hui la faiblesse du dollar face au yen et une amorce de baisse face à l’Euro, et s’interroge : le dollar a-t-il commencé à décliner ? L’annonce par une assistante du Secrétaire au Trésor que l’Etat US devrait emprunter 2 000 milliards de dollars sur l’exercice comptable se terminant en septembre 2009 a jetté un certain froid, et le prix des bons de 10 ans a légèrement baissé.

La baisse des rendements sur les bons à court terme a un autre effet : elle désorganise les fonds intervenant sur les marchés monétaires, où l’argent placé à très court terme est souvent réinvesti en bons du trésor. Cette diminution du rendement grignote leur marges et rend l’activité peu ou pas rentable.

Bank of America s’apprête à licencier massivement

La banque a annoncé qu’elle allait supprimer de 30 à 35 000 emplois dans les 3 ans à venir, en raison de son acquisition de Merrill lynch et des mauvaises conditions économiques.

Le modèle d’entreprise des banques d’affaires est mort

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Patrimoine des ménages américains

Patrimoine total des ménages exprimé en pourcentage du PIB. Echelle de temps : 1952-2008

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-  1ère bulle : 2000, internet
-  2ème bulle : 2007, immobilier

Fin des emprunts hypothécaires au Royaume Uni Evolution des crédits hypothécaires, variation en pourcentage du trimestre par rapport à l’année précédente

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Les jeunes diplomés en Chine confrontés au chômage

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Décembre 2008, Zhengzhou, province du Henan. 17 000 jeunes diplômés et cadres à la recherche d’un travail se sont pressés au "Talent Exchange", un salon de l’emploi. En raison de l’affluence, la situation a « été hors de contrôle à plusieurs reprises », rapporte l’agence Xinhua.

Nassim Nicholas Taleb : la seule solution pour la société c’est de ne plus dépendre de la valeur des actifs

Detroit, ville fantôme

Les parcelles abandonnées dans la ville de Détroit occupent une surface équivalente à San Francisco. La municipalité a décidé de convertir en « mini fermes » certains de ces terrains. La ville ne compte plus aujourd’hui que 850 000 habitants, contre près de deux millions au temps de sa splendeur.

With enough abandoned lots to fill the city of San Francisco, Motown is 138 square miles divided between expanses of decay and emptiness and tracts of still-functioning communities and commercial areas. Close to six barren acres of an estimated 17,000 have already been turned into 500 ``mini- farms,’’ demonstrating the lengths to which planners will go to make land productive.

The population of the once vibrant manufacturing hub that grew up around the 20th century expansion of the auto business has contracted to less than 850,000 from a peak of 1.9 million in the 1950s. More fallout is expected as the area’s biggest industry eliminates jobs.

Evans-Pritchard : le virus de la déflation

We are beyond the extremes of the 1930s. The frontiers of monetary policy are being pushed to limits that may now test viability of paper currencies and modern central banking. ...

officials at the highest level of the British Government have begun to circulate a six-year-old speech by Ben Bernanke - at the time of its writing, a garrulous kid governor at the US Federal Reserve. Entitled Deflation : Making Sure It Doesn’t Happen Here, it is the manual of guerrilla tactics for defeating slumps by monetary means.

“The US government has a technology, called a printing press, that allows it to produce as many US dollars as it wishes at essentially no cost,” he said.

As a scholar of the Great Depression, Bernanke does not think that sliding prices can safely be allowed to run their course. “Sustained deflation can be highly destructive to a modern economy,” he said.

Once the killer virus becomes lodged in the system, it leads to a self-reinforcing debt trap - the real burden of mortgages rises, year after year, house prices falling, year after year. The noose tightens until you choke. Subtly, it shifts wealth from workers to bondholders. It is reactionary poison. Ultimately, it leads to civic revolt. Democracies do not tolerate such social upheaval for long. They change the rules.

sur la déflation et la monétisation de la dette, voir : Radar 3 décembre 2008 - Monétisation de la dette, ou la transgression du tabou de l’argent

Dissensions à la Fed

“The Board has usurped authority,” said William Poole, former president of the St. Louis Fed and now a senior fellow at the Cato Institute in Washington. “This dramatic change in policy direction has not been announced or even acknowledged.”

A conference call last month showed how little say the central bank’s 12 regional presidents now have in some of the Fed’s biggest decisions.

The regional bank chiefs were invited to listen as officials in Washington outlined their decision on a new $600 billion program to help the housing market. The presidents weren’t asked to vote on the initiative, even though it aimed at cutting borrowing costs, something they vote on in regular FOMC meetings.

La récente annonce d’une éventuelle émission d’obligations par la Fed, qui a surpris de nombreux observateurs, pourrait peut-être s’expliquer à la lumière des tensions dont fait état Bloomberg. Elle disposerait ainsi d’une complète indépendance par rapport au Trésor dans la poursuite de politiques qui rencontrent sans doute de nombreuses résistances, en raison de leur hétérodoxie, sans doute, mais aussi à cause des risques qu’elles font courir à la devise américaine.

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Le graphique ci-dessus, retraçant les variations annuelles de la base monétaires US depuis le début du siècle, rend on ne peut plus clair le caractère extraordinaire de la situation. Jamais dans l’histoire américaine récente on n’avait assisté à des mouvements d’une telle ampleur, même durant les deux conflits mondiaux. Les membres de la Fed ont effectivement de quoi s’inquiéter. Aucun guide ne décrit les territoires dans lesquels ils sont entrés.

IRA : le retour des CDS

Les CDS, ou Credit Default Swap, sont des contrats d’assurance contre le risque de défaillance d’une entreprise ou de la perte de valeur des obligations qu’elle a émise. Dans ce cas, l’acheteur de l’assurance peut se retourner contre le vendeur et réclamer le paiement de la valeur assurée.

Ce marché a connu une croissance exponentielle durant ces dernières années, et les montants assurés pourraient être de l’ordre de 20 000 milliards (si l’on prend pour estimation la moitié du nominal déclaré, pour éviter la double comptabilité des acheteurs et des vendeurs).

Deux raisons expliquent cette croissance. D’une part les détenteurs d’un CDS peuvent par opportunité rétrocéder l’assurance souscrite à un tiers, à un coût supérieur à celui de l’acquisition, si la perception du risque associé à l’entreprise émettrice d’obligation s’est accrue. Dans ce cas de figure, le nombre de contrat peut se multiplier à chaque fois qu’une vente supplémentaire est effectuée.

Mais il existe une autre raison à la croissance du marché des CDS. C’est le fait que l’on puisse s’assurer contre la perte de valeur d’une obligation sans pour autant la détenir. De ce fait, les montants à rembourser en cas de défaillance peuvent être bien supérieurs à la valeur totale du papier en circulation. En ce sens, les CDS sont à même de démultiplier le risque et les pertes associées.

Deux vues très tranchées existent quant à ces contrats. Pour les uns, le système est sain et fiable, et pour les autres il s’agit d’une bombe à retardement.

Les premiers affirment que les vendeurs d’assurance sont parfaitement à même de remplir leurs obligations. Ils citent l’exemple de la liquidation des CDS sur les obligations de Lehman, où les sommes qui ont changé de mains sont restées relativement modestes.

Ceci s’explique, disent-ils, par le fait que les vendeurs d’assurance sont tenus d’immobiliser les sommes potentiellement dues en cas de faillite, appelées collatéraux, au fur et à mesure de détérioration de la valeur des obligations assurées.

Les seconds estiment au contraire que les collatéraux immobilisés ne représentent qu’une petite partie des sommes qui seront dues, et que de nombreux établissement n’ont pas participé au processus de liquidation organisé par la chambre de compensation de ces contrats. Ils affirment également que de nombreux vendeurs ne seront pas capables de faire face à leurs obligations.

Il s’agit là d’une évidence, pour deux raisons. Premièrement, car tous les établissements qui ont émis ce genre de contrats, sans aucune régulation, il faut le rappeler, puisque ce sont des contrats de gré à gré, sont loins d’avoir les reins assez solide pour éponger les pertes. Yves Smith a rapporté un cas d’école en la matière, relatant comment UBS avait assuré pour 1,3 milliards de CDO auprès d’une entité créée à sa demande pour l’occasion et ne disposant en tout et pour tout que de... 4,6 millions de capital.

Deuxièmement parce que certains garants de CDS sont en fait des investisseurs privés qui ignorent le piège dans lequel ils sont tombés en achetant des parts dans les CDO synthétiques. Ces produits sont des instruments complexes, basés sur des paquets d’obligations pour lesquelles ce sont les investisseurs qui doivent assumer les pertes éventuelles, via des CDS qui font partie du montage.

L’avenir départagera les deux camps. Mais des voix de plus en plus nombreuses dénoncent le danger que font peser les CDS sur un secteur déjà affaibli, avec la multiplication prévisible des faillites d’entreprises dans les mois qui viennent qui déclenchera à coup sûr de nombreux paiements pour les vendeurs d’assurances. Selon l’ISDA, les collatéraux mobilisés sur ces contrats au niveau mondial atteindraient aujourd’hui 2 000 milliards de dollars, c’est dire l’ampleur des sommes en jeu.

Dans le texte qui suit, Chris Whalen expose les dangers du système et indique que selon ses sources plusieurs banques européennes, dont 2 françaises, feraient face à des difficultés pour honorer leurs engagements sur les CDS qu’elles ont créés.

Du même avis, John Dizard écrit dans le Financial Times que « l’ensemble du marché des CDS devrait être liquidé. »

Today we make [the] prediction that the unwind of Wall Street’s rancid leverage pile will dominate the economic and political scene in 2009, both in the US and around the world. The chief engine of that deleveraging will be CDS, the vast, unregulated market in leveraged bets fostered and encouraged over two decades by former Fed Chairman Alan Greenspan and the academic economists who populate the Fed staff in Washington. (...)

one of Wall Street’s dirty secrets is that most of the CDS dealer banks don’t post margin with one another at all ! If CDS dealer banks were actually compelled to post real, effective collateral with other dealers to back performance, then the entire CDS market would collapse. Indeed, that is what is happening right now, in slow motion. As leverage in the global banking system is being forced down, the CDS market is being squeezed out of existence by a market that can no longer ignore the inherent contradictions in these OTC options. (...)

is the dealing of CDS within large global banks "safe and sound ?" Does allowing large banks to trade CDS vs. ephemeral benchmarks such as equity volatility not put the entire global financial system in peril ? Well, we may find out the answer to that question sooner rather than later.

We hear from a very well placed Buy Side investor with extensive business interests in the US and EU that three primary banking institutions in Europe, two French and one German, have such significant CDS exposure and other problems that they cannot even begin to fund the payouts anticipated over the next quarter.

The funding squeeze reportedly is exacerbated by a near-collapse among weaker players in the hedge fund market, who were accustomed to receiving loans from one large French institution, which then stupidly converted the loans into equity. That’s right. This past summer, when the bank put out a call for redemptions of $4 billion in hedge fund investments, says the source, only $400 million was returned. And the French bank also used these same hedge funds and others to reinsure some of its own CDS exposure. Sound familiar ? Yup, just like AIG.

Unlike the approach taken by Paulson and Geithner to bailout AIG and JPM (via the Bear Stearns rescue), however, the investor claims that EU officials are considering a moratorium on CDS payments by the three Euroland banks in question. The banks would be given ten years to write down their CDS and hedge fund exposures and would receive additional infusions of capital by their respective governments. The source claims that French banks have such huge exposure to both hedge funds and CDS, sometimes linked together, that the positions are beyond the ability of the EU governments to bail them out without a cessation of CDS payments......if this unconfirmed report turns out the be true, then the beginning of the end of the CDS market as we have known it will be at hand....

In the event, as other governments around the world follow the very reasonable example of the EU, the OTC derivatives market will implode and these unfunded liabilities may very well force the nationalization/liquidation of C, JPM and AIG, among others. And in the event, Hank Paulson, Tim Geithner, Alan Greenspan, Ben Bernanke and other senior officials at the Fed in Washington are going to have a lot of explaining to do to the Congress, to a new President and the global financial community.

Tell us again, Chairman Greenspan and Chairman Bernanke, just why do you believe dealing in OTC derivatives and particularly CDS contracts are activities that are safe and sound for global banking institutions ?

L’Attaque de la Main Invisble...

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